Ma première méditation en Inde

Ma première méditation en Inde

Ma première méditation en Inde 1920 1080 Leadership En-Joy

S’ARRETER – NE RIEN FAIRE – RESSENTIR

C’est de cela que j’ai tellement besoin dans ma vie de femme moderne : dirigeante, entrepreneure, maman et belle-maman, entre autres choses…

Aujourd’hui, je le sais. Je l’ai expérimenté. J’ai appris à ce sujet. Pourtant les débuts ont été difficiles.

J’ai découvert la méditation lors d’un voyage en Inde, organisé sous la guidance d’un yogi. Nous nous levions à l’aube, vers 6h.

Se lever à 6h du mat, en vacances, c’est une blague, non ?

Je n’oublierai jamais le trajet pour aller de notre logement au lieu où nous pratiquions notre yoga et notre méditation matinale. Il faisait très sombre. Un petit chemin de boue séchée menait sur une route déjà très fréquentée et bruyante aux aurores. Nous traversions la route sous le klaxon des 2 roues et transports en communs, histoire de bien nous réveiller, avant d’accéder à un parterre spacieux bétonné. Là, nous prenions place, en silence. Notre Maître était assis au-devant de la scène. Parfois, il ne disait rien. Et je restais là, volontairement prisonnière, pendant ce qui me semblait être des heures (mais en réalité, tout au plus 10mn). Le cri des singes, des chiens errants, des engins motorisés pétaradants me perturbait. Sans parler des innombrables moustiques sur lesquels je focalisai mon attention. Et je ne parle même pas de la torture liée à ma posture ! J’étais assise en tailleur sur un tapis, ou sur une espèce de truc en bois, tellement dur. J’avais mal au dos, aux fesses. J’étais obsédée par une seule chose : partir en courant…

Super mes vacances !!

Heureusement que parfois notre yogi nous guidait un peu, là c’était légèrement mieux. Mon esprit qui était tiré par un attelage de chevaux fous courant à 1000km/h dans tous les sens se raccrochait à la voix de notre Yogi, l’espace d’une fraction de secondes. Puis les chevaux fous repartaient de plus belle.

Imaginez ma surprise en voyant le visage rayonnant de certaines personnes à la fin de la séance, s’exclamer « comme c’était bon ! », « ça fait tellement de bien » etc.…Si je ne m’étais pas retenue, je crois que je les aurais volontiers giflés (en pensées bien sûr). Ou alors je me serais effondrée en larmes.

C’est comme cette fille que j’avais croisé à l’Ashram d’Amma. Alors que j’étais attablée, consternée par la pauvreté des lieux, que j’étais dubitative quant à l’hygiène des repas, et que j’aurais pu faire un malaise rien qu’à la vue des toilettes… bref, alors que j’étais en panique totale, j’ai vu arriver cette sublime créature de blanc vêtue. Elle était divine. Elle affichait un grand sourire. Tout son être souriait, comme les Indiens : ses yeux souriaient, ses oreilles, et même ses cheveux. Elle irradiait de bonheur. Elle prit le temps de nous expliquer qu’elle était avocate en droit des affaires à Paris, et qu’elle avait tout lâché pour suivre Amma. Ce n’est que des années plus tard que je parvins à m’expliquer la colère violente qui s’était emparée de moi à cet instant.

Bon, allez je vous dis pourquoi : je pensais, à l’époque qu’il était facile pour elle d’être heureuse, (sous-entendu contrairement à moi qui avait de lourdes responsabilités et qui était vampirisée par mon travail, sans avoir pu construire quoi que ce soit en dehors de cette sphère professionnelle omniprésente et écrasante… mais je gagnais bien ma vie…). A l’époque je jugeais cette fille durement : je me disais elle est inconsciente, elle ne pourra pas vivre longtemps ainsi sans argent. C’est facile sa vie !

Avec le recul, j’ai compris que quelque chose d’inattendu s’était produit à l’intérieur de moi, du genre : moi aussi je veux être heureuse comme elle. J’ai pourtant tout, et je suis tellement malheureuse, fatiguée, et je me sens si vide intérieurement.

Cette fille avait eu le courage de faire le choix d’être heureuse, contrairement à moi.

Quand je voyais les visages éclatants de toutes les personnes croisées dans ce lieu tellement étrange pour moi là-bas. Tout était Amour autour d’eux. Ces femmes en transe, qui chantaient des badjans avec Amma, étaient transportées de joie.

J’étais au pays des fous.

Revenons à la torture de ma position de méditation.

Pendant que certains prenaient leur pied en méditant, personnellement dans ma tête j’avais vécu mille vies. Tout sauf rester immobile une paire de minutes. J’avais envisagé de rentrer chez notre hôte, faire mes bagages, partir seule en plein milieu d’une route afin de trouver l’aéroport, sans succès bien sûr. L’instant d’après, je m’étais rassise, j’avais changé de boulot, de petit ami, je m’étais acheté une nouvelle paire de bottes (en France c’était l’hiver), j’avais jeté cette vieille chemise qui empestait l’anti-moustiques et avait déteint sous l’effet des produits toxiques, j’avais fait un gâteau au chocolat, puis j’été partie danser la salsa… Toute cette agitation mentale me fatiguait tellement.

Cela vous arrive-t-il parfois de vous fatiguer tout seul ?

J’ai quand même persévéré, j’étais venu tenter l’expérience et en général je vais au bout de ce que j’entreprends (si je lâche c’est seulement après avoir testé et jugé que cela n’était pas pour moi). Au bout de quelques semaines, je dois admettre que loin d’être une position confortable, et un exercice agréable, je m’étais habituée.

Il faut dire que les massages quotidiens m’avaient aidé à me détendre. Notamment le Shirodhara, roi des massages. De l’huile chaude versée sur le front avec des mouvements répétitifs réguliers, plusieurs jours d’affilé, pour calmer Vata !

Quelque chose en moi avait commencé à lâcher. J’étais arrivée en grande angoissée, addict du contrôle, et j’apprenais petit à petit à ne rien faire, à me laisser faire…

J’avais découvert une joie profonde de chanter des mantras, d’écouter le son d’un bol tibétain. J’en étais parfois émue jusqu’aux larmes. Bon allez, disons-le clairement, je pleurais à chaudes larmes. Je me remémore cet épisode où nous étions dans un temple, hommes et femmes chantaient, au cours d’un rituel. Ils allumaient des feux, donnaient des fleurs et des fruits frais en offrandes à leurs dieux. Les hommes étaient vêtus de chemises aux couleurs claires et souriaient, souriaient, et moi je pleurais, tant la beauté des images, des sons, les odeurs transportaient mon cœur dans la dimension de l’Amour et de la Joie, zones quasiment inconnues pour moi jusqu’ici.

Après cette expérience Unique, éprouvante et magnifique, je suis rentrée en France. J’ai ajouté une habitude à mon quotidien, de manière quasi militaire. Tous les matins, après ma toilette, 20mn de méditation silencieuse.

Moi qui étais hyper anxieuse, toujours angoissée d’un rien, à me poser toujours 10 000 questions, j’entamais mes journées avec un stress diffus dès la sonnerie du réveil.

Grâce à la méditation, je commençais mes journées de manière plus sereine. Je prenais le temps de respirer. Nous avions appris des techniques de respirations, les Pranayama. Hyper efficaces.

Cela est devenu une habitude pendant 2 ans.

Et puis, je suis tombée enceinte, et je suis devenue maman.

Être une jeune maman et méditer : la suite dans un prochain article…

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Contact

Claire Garcia, Leadership En-Joy
Coach professionnelle, coach et consultante de dirigeants, entrepreneurs, indépendants et thérapeutes – Toulouse, Muret, Saint-Lys.
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